Les paroisses de Plougonvelin et Saint-Mathieu au temps des cahiers de doléances (1789)

 Organisation territoriale

La commune de Plougonvelin, dans ses limites actuelles, est née de la fusion de deux paroisses :

Sous l’Ancien régime les paroisses rurales ne possédaient pas de municipalité ’elles étaient pourtant dotées d’une assemblée qui réunissait en elles les attributions d’une municipalité et d’un conseil de fabrique : elles avaient donc à s’occuper des revenus et des dépenses de l’église et des affaires temporelles concernant les habitants’.

Cette organisation s’appelait le général de la paroisse car à l’origine tous les paroissiens pouvaient prendre part aux délibérations. Très vite le général se trouva réduit à douze membres : le ’corps politique’, l’équivalent du conseil municipal avec, à sa tête, un gouverneur-marguillier.

Le corps politique de Plougonvelin fut supprimé très tard, en tant que conseil de fabrique, le 13 février 1793.

 Charges et fiscalité royales

 Le régime seigneurial

La plupart des terres de Plougonvelin et la totalité de celles de Saint-Mathieu étaient du fief, c’est à dire, dépendaient du seigneur abbé de Saint-Mathieu.

Une seigneurie ecclésiastique, avec les mêmes pouvoirs qu’une seigneurie laïque, peut surprendre. La féodalité est née des désordres des premiers carolingiens.

Ainsi se constituèrent, nous dit le père Marc, dans son histoire de l’abbaye de Landévennec, par la force des choses, et parallèlement aux seigneuries laïques, dont elles sont souvent le reflet, abbés et seigneurs étant issus des mêmes familles, des seigneuries monastiques où les devoirs et charges des vassaux... sont les mêmes et l’organisation administrative calquée sur les premières.’

 Quels étaient ces droits ?

 En conclusion

On était loin de l’époque des grands ordres monastiques qui firent la Chrétienté . A la veille de la Révolution, les ordres réguliers, en pleine décadence, sont mal supportés :

« Nous disons ces abbés, ces prieurs commendataires, ces couvents rentés qui s’endorment mollement dans l’indolence, ne rendent aucun service à l’église et sont, pour ainsi dire, membres inutiles de l’État. Ils enfouissent dans leurs cloître des trésors que devraient accroître la masse des finances de l’État en soulageant le menu peuple » (cahier de Plouarzel).

C’est un peu exagéré car l’abbaye de Saint-Mathieu, en 1789 avait son église en ruines et était perclue de dettes.

Les classes rurales avaient un sort peu enviable, écrasées de charges et d’impôts : elles ne rechignaient pas devant l’effort s’il était partagé.

Elles demandaient la fin des privilèges et abus des deux autres ordres, les mêmes droits et une égale considération ; une représentation aux états de Bretagne qui se réunissaient tous les deux ans pour voter les impôts, et à la commission intermédiaire qui administrait la province dans l’intervalle, car tous les représentants du Tiers-Etat étaient, avec l’exclusion des paysans, de ces bourgeois, qui « firent et confisquèrent la révolution ».

Yves Chevillotte

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